Non, c’est non. Et c’est universel.

3 décembre 0 Commentaire Catégorie: Non classé

Ces jours derniers, avant que nous soyions tous avalés par la l’actualité brûlante des « gilets jaunes », une information a accaparé les réseaux sociaux.

Une Cour d’Assises, en l’occurrence celle de la Manche sise à Coutances, aurait acquitté un ressortissant bengladais, accusé de viol, au motif qu’il n’avait pu avoir conscience de commettre ce crime, faute de maîtriser nos « codes culturels ».

Pour ajouter au tableau, il fut même rappelé que le susdit serait allé jusqu’à tenter de caresser la cuisse de son interprète féminine, au cours de son audition en garde à vue.

Cette information fut relayée par des médias a priori sérieux : Le Figaro, Valeurs Actuelles ou encore, Sputnik.

Aussitôt, une vague d’indignation s’éleva : féministes et anti-migrants, unis pour protester :  les uns contre cette décision scandaleuse venant relativiser une loi pénale censée s’appliquer à tous et plongeant les femmes dans l’insécurité qui serait liée au degré de conscience de commettre un viol, en fonction des codes culturels de chacun ;  les autres fustigeant quant à eux, cette nouvelle concession inacceptable au multiculturalisme, faisant la part belle aux féroces soldats de l’immigration, venant jusque dans nos bras, violer nos filles et nos compagnes, avec la bénédiction d’une Justice complaisante.

Le débat faisait rage, des politiques (de droite) n’hésitant pas à s’en emparer et à se fendre d’une déclaration indignée, quand l’AFP, dont c’est légèrement le métier, après enquête, vint mettre un terme à ce qui constituait une relation déformée de la réalité.

Non, la cour d’Assises n’a pas acquitté un ressortissant bengladais de viol parce qu’il ne maîtrisait pas nos « codes culturels ».

https://factuel.afp.com/non-un-homme-na-pas-ete-acquitte-de-viol-parce-quil-navait-pas-les-codes-culturels?fbclid=IwAR3AyFbeWqzrsSMuTHdjqKjPsX1mO3txLdbJfPwSKGnQcAKJI4MQKrf_UOo

La raison pour laquelle le susdit a été acquitté, interpelle toutefois.

« La cour explique qu’elle a pris en compte « ce qui a pu apparaître comme étant des manifestations d’adhésion active » de la part de la jeune fille « mais aussi comme des signes d’acceptation sélective (…), pouvant apparaître comme la subsistance d’une capacité de s’opposer aux demandes du jeune homme », « le tout dans un contexte où ni la procédure, ni les débats, n’auront permis de déterminer si les quelques expressions modérées de réserve de la jeune fille auront pu, dans le prolongement de ce qui vient d’être décrit, être perçues comme un refus de la relation sexuelle, ou seulement l’expression d’une réticence initiale par rapport à une première expérience de relation sexuelle ou à l’égard d’une expérience sexuelle avec un inconnu ».

Cela a amené la Cour à “ne pas pouvoir considérer que la preuve est rapportée que l’accusé a eu nécessairement conscience que la relation sexuelle ainsi survenue procédait (…) d’une contrainte, et cela même s’il ne peut être mis en doute que celle-ci ait alors été présente, pour les raisons ci-dessus exposées, dans l’esprit de la jeune fille.”

En d’autres termes : la fille a protesté mais « trop modérément »; elle a pu déjà dire franchement non à d’autres hommes, donc avait la capacité de s’opposer aux demandes de celui-là. On ne sait pas bien si elle était réticente parce que c’était sa première relation sexuelle, ou si c’était parce qu’elle ne voulait pas coucher avec un inconnu…

Mais non, c’est non !!
Et bien plus : quand il n’y a pas un « oui » enthousiaste, cela veut dire non aussi…
Toutes les femmes qui ne veulent pas faire l’amour à leur conjoint parce que crevées, parce que pas envie tout simplement, et qui s’y résignent en soupirant, cédant à son insistance, par « devoir », en se disant « je vais penser à autre chose, ce ne sera pas long », pour « avoir la paix »…savent de quoi je parle.

Le viol a encore de beaux jours devant lui, si l’on exige des femmes, et des jeunes filles, qui peuvent être impressionnées ou sidérées par un homme trop pressant ou très insistant, qu’elles ne se contentent pas de faibles protestations ou de réserves « modérées » mais qu’elles hurlent « non », se débattent, car sinon le pauvre chéri de mâle en rut ne peut pas avoir conscience de ce que la relation sexuelle survenue procédait d’une contrainte…

« Mademoiselle, c’était clair dans votre esprit, personne ne le conteste; Mais pas dans le sien. Et c’est de votre faute !! »

C’est tout aussi grave qu’un acquittement pour cause de « codes culturels non acquis ».

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