Macronmania

15 mai 0 Commentaire Catégorie: Non classé

En ce 5ème dimanche de Pâques, tant par paresse d’un déplacement à l’Eglise que par souci d’éviter la quête, j’ai voulu regarder le Jour du Seigneur sur France Dieu.

Je n’ai pas été déçu.

Car j’ai eu droit, pendant plusieurs heures, à une liturgie nouvelle et à un Evangile inédit : l’Evangile selon Saint-Macron.

Le père précheur, jeune et dynamique, brushing impeccable, s’appelait le père Laurent Delahousse.

Il était assisté par divers diacres, du nom de Moati, Fottorino, D’Almeida, et même d’une religieuse, Sœur Saint-Cricq.

L’office a commencé par l’acte de contrition, chacun faisant son mea culpa, confessant ne pas toujours avoir cru en Saint-Macron.

Puis, ce fut le Gloria, mené de main de maître par le père Abbé Delahousse.

« C’est l’investiture la plus romanesque de la Ve République. On est véritablement dans le roman, et même, osons le mot, dans l’épopée.

Une posture jupitérienne.

C’est une aventure humaine extraordinaire, ce qu’a vécu Emmanuel Macron, une aventure romanesque comme la politique sait en produire parfois.”

Le diacre Eric Fottirino, ne voulant pas être en reste, renchérit : « Emmanuel Macron, c’est un alliage. Vous savez, les aciéries font des métaux spéciaux. Il est d’un autre métal.”

Sœur Nathalie Saint-Cricq était en extase devant l’icone : “Je ne me serais pas autorisée en tant que femme à dire qu’il a le physique de l’emploi, c’est à vous de le faire.”

Ensuite, le père Abbé Delahousse nous gratifia d’une homélie, dont le but est comme chacun sait, d’interpréter les Saintes Ecritures, ou en l’espèce les Saintes Images, afin d’en faire percevoir la sève, et tout le sens, aux fidèles. Et de relier ses actes aux prophètes qui l’ont précédé.

Saint Macron gravit des escaliers pour aller rapidement aux toilettes ? « Il a monté les marches quatre à quatre, à une vitesse incroyable. Ça rappelle Jacques Chaban-Delmas. »

Saint-Macron reste un peu trop de temps aux toilettes ? Pour le père Abbé Delahousse, c’est l’occasion de nous initier aux Mystères de la Foi. « Où est passé Emmanuel Macron ? C’est le premier mystère de ce quinquennat ».

Le disciple Gérard Collomb est bouleversé devant Saint-Macron ? Pour le diacre Serge Moati, « cela fait penser à Mitterrand embrassant Mendès-France ».

Saint-Macron prend un parapluie ? Pour le diacre Fabrice D’Almeida, « ‘il est protégé de la pluie, il a appris de l’expérience de son prédécesseur ».

Saint-Macron se fait finalement saucer sur les Champs-Elysées ? Pour le Père Abbé, “Il y a cinq ans, on parlait de la pluie, là on parle d’Emmanuel Macron. Quelque chose a changé »

Puis le temps fut venu de rappeler les miracles et grandes actions de Saint-Macron.

“Quand on le voit prenant dans ses bras des femmes en larmes, c’est le protecteur de la nation.”

“Des personnes se sont réfugiées dans ses bras. Autrefois, les rois touchaient les écrouelles le lendemain du sacre, il y a un peu de ça.”

Mais Saint-Macron, ce ne sont pas seulement des actes, ce sont également des paroles, que l’assistance est appelée à admirer

« Premier discours dans lequel on retiendra beaucoup de phrases, beaucoup de mots”, analyse le Père Abbé Delahousse.

Emmanuel Macron : “Je vais me changer, je pense.” Le Père Abbé Delahousse commente : “Voilà, cette phrase présidentielle.” Un diacre renchérit : “Tout change.”

Nous passerons rapidement sur le credo : Saint Macron est sérieux. Le père Abbé décrit “Ce visage, ce masque d’Emmanuel Macron, cette gravité qui arrive.”

« Sous un aspect d’incarnation esthétique, Emmanuel Macron a, pour utiliser un langage militaire, “de la gueule”.

La prière universelle, quant à elle, consistera à formuler des vœux de réussite.

Je vous le confesse : je n’ai pas assisté à l’office jusqu’au bout. Je ne sais donc comment a été décrite la Sainte Cène, ni l’élévation, encore qu’en ranimant la flamme du soldat inconnu, Saint Macron aurait, me dit-on, proclamé « faites ceci en mémoire de moi ».

Nous étions tous en communion, encore que Saint-Macron ait distribué beaucoup de bénédictions à la foule des croyants, mais aucune hostie.

Elle est formidable, cette nouvelle religion. Ses grands prêtres me semblent bon prêcheurs et convaincus. Elle est vectrice d’espérance.

Mais un doute me taraude. Si Saint-Macron n’avait pu triomphé du dragon, aurions-nous eu droit, sur France Dieu, à un culte sataniste ?

J’ose à peine y penser.

En attendant, frères et sœur, allons en Paix.

Saint-Macron nous envoie un nouveau prophète : Edouard Philippe. Il s’est beaucoup fait attendre.

Pourvu que tout cela ne se termine pas en chemin de Croix !

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