Pauvre Pénélope !

25 janvier 0 Commentaire Catégorie: Non classé

 Pauvre Pénélope !

 Depuis la mythologie grecque, son prénom restait déjà associé à un ouvrage auquel on travaille sans cesse et que l’on ne termine jamais.

« Faire une Pénélope » désignera t’il désormais un travail rémunéré dont l’on peine à retrouver trace effective ?

Ce qui serait encore moins gratifiant…

Mais si cette autre Pénélope a passé des années dans l’ombre de son héros, à « faire tapisserie », François n’a rien d’Ulysse, hélas. C’est là qu’est l’os !

Car s’il y avait un certain romantisme, dans l’histoire de cette femme faisant et défaisant un drap pendant vingt ans pour éviter d’avoir à épouser l’un de ses multiples prétendants « dès que l’ouvrage serait fini », et se garder patiemment pour l’homme qu’elle aimait, la version Fillon 2017 semble bien moins glamour.

Pauvre Pénélope !

Pour François, elle avait tissé une belle histoire : celle de la femme dévouée et discrète, qui jamais, JAMAIS, le jurait-elle, ne s’était engagée, de près ou de loin, en politique. Pénélope Fillon filait à l’anglaise, même quand son héros accomplissait les plus grands exploits, membre d’équipage puis capitaine en second du bateau ivre de la République.

Mais après plus de vingt ans d’aventures homériques et de tempêtes, le voilà qui revient. Et qui veut l’enlever, sur le navire dont il espère enfin devenir le capitaine.

Pénélope sortit alors de sa réserve (parlementaire) auquel elle s’était, promis juré, jusqu’alors sagement cantonnée. Et fit de son passage de l’ombre à la lumière, une arme supplémentaire au service de son héros.

« Si je m’expose désormais ainsi, moi qui n’ai jamais, JAMAIS, goûté de ce pain-là, c’est que je crois son moment arrivé. »

Patatras ! Un volatile tira sur un fil, et c’est tout l’ouvrage qui se défit.

Pénélope apparut alors telle qu’elle était: une ouvrière de l’ombre qui aurait bénéficié de 500 000 drachmes sur les fonds de la Cité, alloués à Ulysse.

Les citoyens montrèrent leur mécontentement. Rien de malhonnête dans l’opération, dit l’équipage d’Ulysse ? Sans doute. Mais pourquoi alors avoir trompé l’assemblée en lui servant une histoire fausse, un mythe, de la femme-qui-n’avait-alors-jamais-JAMAIS-fait-de-politique-et-qui-s’y-exposait-pour-la-première-fois-le-moment-venu ?

Pourquoi diable tous ces héros se croient-ils obligés de travestir, d’embellir, jusqu’à la réalité de leur histoire familiale, pour se vendre comme ils nous caseraient un produit de supermarché ? « François lave plus blanc que blanc ! » Mais cela fait longtemps que les citoyens ne croient plus que la marmotte met le chocolat dans le papier alu…

Triste Cité que celle où l’on peut cacher en jouant la carte de l’authenticité !

Pauvre Pénélope !

Elle n’aspirait qu’à une vie d’épouse et de mère effacée, mais la dureté des temps et la crise de la Grèce l’ont contrainte à trouver un travail auprès de son Ulysse. Les propres revenus de celui-ci ne devaient assurément pas suffire à nourrir les nombreux oisillons et à entretenir leur modeste demeure. Il a donc fallu se résoudre à prendre l’ouvrage dont sans elle, un ou une autre, qui devait sans doute avoir lui ou elle aussi une famille à nourrir, se serait volontiers acquitté. Mais Ulysse-François privilégie les siens, ils ont absolue priorité sur de sombres inconnus, fussent-ils en recherche d’emploi. Ce qui en dit long sur ce comment le navire sera barré avec Ulysse-François comme capitaine, et en cas de naufrage…

Pauvre Pénélope !

Elle qui s’est donnée à la tâche auprès de son François pour mériter les drachmes à lui confiées par la Cité, de son travail, il ne reste nulle trace. Sans doute défaisait-elle le jour ce qu’elle faisait la nuit. Mais fort peu des compagnons de son héros, sont venus confirmer avoir vu Pénélope œuvrer, ou ne serait-ce qu’occuper un bureau. Aucun organigramme, aucune prise de téléphone, aucune rédaction de discours d’amendement ou de projet de loi, pas même sa photo dans le trombinoscope. Pénélope a poussé la discrétion jusqu’à la totale transparence ectoplasmique. Ce qui peut constituer une qualité, devient problématique à l’heure où la Cité, alertée par les cris du volatile indiscipliné, demandent des comptes sur son ouvrage.

Si François-Ulysse avait parfaitement le droit de choisir de se faire seconder par sa très attachée Pénélope, ou de biaiser comme les autres héros du Cénacle qui s’échangent leurs proches (« je prends ta femme, tu prends mon fils, passe-moi le sel, je te donne les rillettes »), il n’en reste pas moins que 500 000 drachmes, ce n’est pas rien, surtout pour le commun des hellènes; Cela se mérite ! Or Pénélope peine à sortir un  agenda, une note, un discours, que sais-je, qui attesterait d’une œuvre effective autre qu’affective auprès de François-Ulysse.

Pauvre Pénélope !

Frappée par une malédiction que l’on imagine divine, tout travail de sa part semble s’évaporer dans les limbes avant d’avoir été constaté, nom de Zeus !

Ce sont ainsi 100 000 autres drachmes qu’elle aurait perçues d’une maison d’édition tenue par un compagnon de son héros, sans qu’on ne l’ait trop vue sur place, et sans que l’on sache rattacher exactement cette somme à un ouvrage précis et tangible.

Le compagnon bienveillant envers Pénélope a toutes les chances d’avoir double ration sur le bateau barré par François-Ulysse. Au grand dam des simples matelots !

Pour François-Ulysse, c’est avis de tempête. Gageons qu’en héros digne de ce nom, il n’en blâmera pas Pénélope. Car si le vent souffle fort, si les éléments se déchaînent, c’est tout de même lui, François-Ulysse, qui a hissé une grand-voile percée car mal tissée.

Pauvre Pénélope ?

Pauvre France !

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