CGT l’argent par les fenêtres !

18 mars Un Commentaire Catégorie: Non classé

Mon statut d’entrepreneur individuel exerçant en libéral me rend a priori peu suspect d’accointances avec la CGT.

 Toutefois je ne puis qu’approuver l’initiative de la centrale syndicale, d’avoir révélé « l’affaire du pot de départ de l’agence de la CPAM de Bayonne ».

 Le 15 mars dernier, ladite agence ferme « pour raisons exceptionnelles » à 14 heures, contre 16 heures 30 habituellement. Les usagers n’étaient pas censés en savoir davantage.

 Pourtant, la raison de cette interruption d’une mission de service public, vaut son pesant de cartes Vitale : il s’agissait d’organiser le pot de départ à la retraite du directeur.

 Pour l’occasion, toujours selon la CGT, 150 bouteilles de champagne auraient été commandées, une dépense assumée par le budget de la CPAM. Mais selon d’autres sources, seules 25 auraient été ouvertes. Nous voilà soulagés !

 « Selon Alexandre Delhomme, responsable syndical FO, majoritaire à la CPAM, nulle raison de polémiquer : « c’est le départ de notre directeur qui oeuvre à Bayonne depuis 14 ans », justifie-t-il. De plus, « les assurés peuvent toujours consulter leur dossier sur le site Ameli », a-t-il précisé » (sources : Le Figaro et France 3)

Cher Monsieur Delhomme, puisque vous ne voyez pas où est le problème, laissez-moi vous faire retrouver la vue.

 Seriez-vous à ce point dans une bulle, pour ne pas comprendre qu’organiser un pot de départ, tout légitime soit-il, pendant le temps de travail, en interrompant pour ce faire une mission de service public, et financé sur le budget de la CPAM, pose non pas un, mais plusieurs problèmes ?

-          Ce pot de 14 heures ne pouvait-il pas être organisé en dehors des horaires de travail ? une idée, comme ça…ce qui aurait permis aux usagers de la CPAM, de ne pas subir une interruption du service ; à cet égard l’on notera le mépris du responsable syndical FO envers « les vrais gens », qui n’avaient qu’à « aller consulter leur dossier sur internet ». Brillante suggestion : licencions tous les agents de la CPAM, à commencer par Monsieur Delhomme, puisque le portail internet fait aussi bien l’affaire…Ainsi sont les droits Delhomme !

Organiser ce pot à l’issue de la journée de travail (dont je note au passage qu’elle se termine à 16 heures 30 ce qui laisse largement de quoi festoyer) aurait également permis que les salariés de la CPAM de ne pas « voler » deux heures et demi par agent, rémunérées, aux contribuables qui subventionnent la CPAM pour autre chose que pour l’apéro, faut-il le rappeler.

-          Ce pot ne pouvait-il pas être organisé ailleurs que dans des locaux dévolus au service public ? Et qui d’ailleurs se seraient mieux prêtés à l’évènement. Le directeur n’avait-il donc pas les moyens de louer une salle des fêtes ? Le personnel désireux de l’honorer après 14 années de services que l’on espère bons et loyaux, ne pouvait-il pas se cotiser à cette fin ?

-          Quant aux bouteilles de champagne prises sur la réserve  »réceptions » constituée avec le budget de la CPAM…mon cœur de cochon de payeur, n’en saignera que davantage en recevant ses appels de cotisations sociales.

Cette triste affaire et la réaction lamentable de certains de ses protagonistes, n’est hélas pas isolée, et n’est pas limitée à la seule Caisse Primaire d’Assurance Maladie, de Bayonne ou d’ailleurs.

 J’ai toujours en mémoire ce pot d’au-revoir d’un magistrat muté, organisé dans la salle des pas perdus d’un Palais de Justice, pendant les heures d’ouverture au public. S’apercevant que des familles de déférés à l’issue de leur garde à vue, attendaient dans l’angoisse devant les tables où commençaient à être installés coupes et petits fours, il fut décidé dans un premier temps, de confiner les témoins gênants, dans une salle d’audience, puis face à l’impossibilité de porter atteinte à leur liberté d’aller et venir, de déplacer les festivités dans un lieu plus discret. Un pauvre hère s’entendit notifié sa mise en examen, et la saisine du Juge des Libertés et de la Détention qui devait l’envoyer en détention provisoire, sous les rires et les applaudissements suite aux sketchs des magistrats festoyeurs à leur collègue sur le départ. Le pot se faisait dans une cour sur laquelle donnaient les fenêtres, ouvertes, du juge d’instruction. Nous n’en perdions pas une miette.

 « Nous au moins, quand on organise un pot, on fait en sorte que ce soit hors des horaires de travail, et hors présence des gens qui viennent faire piquer leur chien », avait commenté la mère de mon client, secrétaire dans un cabinet vétérinaire.

 C’est sans doute aussi cela, la différence entre le public et le privé.

 Quand on perd de vue qu’il y a des êtres humains en face, et que l’argent ne tombe pas du ciel mais provient de la sueur du front des contribuables, l’on vit dans sa bulle, déconnecté des réalités. Alors l’on ferme sa CPAM à 14 heures, un mardi, pour aller partager quelques bouteilles sans trop se demander comment elles ont pu arriver là.

 Le sort du roi et de la reine fut scellé, en 1789, quand les « sans-dents » quémandant du pain, apprirent que Marie-Antoinette faisait ripailles avec des officiers de l’armée et des nobles, et avait à cette occasion, piétiné la cocarde tricolore.

 A bon entendeur…

Dernière minute: sachez qu’en mars de l’an dernier, les agents de la CPAM de Bayonne s’étaient mis en grève pour dénoncer leurs conditions de travail. (le lien ici : http://www.sudouest.fr/2015/05/12/bayonne-nouveau-debrayage-ce-jeudi-matin-a-la-cpam-1918701-4037.php ) . Apparemment elles se sont bien améliorées !

Une réponse

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  1. sans oublier qu’il est interdit d’introduire de l’acool sur un lieu de travail et que la responsabilité reviens à qui en cas d’accident à la sortie ?

    Matou 18 mars 2016 à 14 h 40 min Permalink

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