Les Monarques de la République

13 août 0 Commentaire Catégorie: Non classé

« J’ai vu des révolutionnaires qui voulaient remplacer

Les excès de leurs pères par leurs propres excès ».

A qui donc pensait Jean-Jacques Goldman quand il chantait ces paroles de son tube « Bienvenue sur mon boulevard ? »

Toujours est-il que , trente ans plus tard, cette accusation n’a hélas pas pris une ride et est transposable aux hommes politiques contemporains.

Aux hommes…et aux femmes.

Il en va ainsi de Madame Bernadette Chirac, fraîchement réélue –à 82 printemps- Conseillère départementale de Corrèze, et ancienne Première Dame de France.

Le Magazine Voici, reprenant en cela une révélation de VSD  (eh oui, en vacances, l’on a des lectures plus frivoles), nous révèle que l’épouse de Jacques Chirac se serait montrée odieuse envers son mari dont l’esprit s’échappe chaque jour un peu plus.

La scène se serait passée dans un restaurant du 16ème arrondissement de Paris, le 21 juin dernier. Selon VSD et Voici,« Alors que Chirac mange avec appétit en sirotant une bière, l’air absent, sa femme lance aux hommes chargés de la sécurité : « vous irez acheter un bavoir, parce qu’il me salope quatre costumes par semaine ! »

Deux choses me choquent dans cet article:

D’une part, comme tout un chacun, les propos humiliants tenus par Bernadette Chirac à l’égard de son mari diminué, révélateurs d’un harcèlement et d’une maltraitance morale envers une personne âgée. Le passé de cavaleur notoire de Jacques Chirac du temps de sa fringance, n’excuse pas cette basse vengeance d’une blonde devenue grise. C’est aussi faire montre d’une certaine lâcheté que d’attendre que le lion soit vieux et malade pour oser le tourmenter.

Mais également le fait que Madame Chirac demande aux officiers de sécurité d’aller lui acheter un bavoir. Ils ne sont pas là pour cela ! Il est anormal que les policiers affectés à la sécurité des personnalités, soient considérés par certaines d’entre elles, comme des hommes à tout faire ou des majordomes.

Cela n’est certes pas l’apanage de Madame Chirac et des personnalités de droite. Faouzi Lamdaoui, conseiller de François Hollande, exigeait que son officier de sécurité lui apporte un pain au chocolat tous les matins.

Certes, me direz vous, mais ce sont parfois les esclaves qui font les maîtres. Comment des policiers aguerris, peuvent-ils accepter pareils caprices ? Ne sont-ils pas victimes de leur propre déférence servile envers les puissants qu’ils servent ?

Que nenni! Un policier du service de protection des hautes personnalités, avait refusé d’être officier de sécurité de Madame Pompidou, parce que cela consistait à aller à la pharmacie lui chercher ses médicaments; ensuite de quoi il fut littéralement « saqué » par sa hiérarchie. Lui le superflic-garde du corps fut « muté » à la Police de l’Air et des Frontières. Il devait depuis lors arpenter les wagons du RER, en uniforme, à la recherche de clandestins. Et toutes ses demandes de congés et prises de RTT lui étaient refusées.

Un autre, dont le crime avait été de servir un Ministre de Droite, était dévolu à la faveur d’un changement de majorité, à escorter Baltique, le chien de Mitterrand, pour qu’il aille faire pipi dans le Bois de Vincennes. Habitué des Renault 25 Bi-turbo, il s’était vu affecter une Citroën Visa avec une grille pour convoyer le présidentiel toutou, et était escorté par une voiture « suiveuse » de deux autres fonctionnaires de police, armés. Un enlèvement de clébard est si vite arrivé… Parfois, sa mission accomplie, il était rappelé rue de Bièvres parce qu’ »on » estimait que le chien ne s’était pas assez promené et avait encore un ou deux arbres à honorer de sa royale pisse.

Oui, vous avez bien lu: vous faites l’école de police, vous êtes surentraîné physiquement, vous êtes un tireur d’élite, conditions indispensables pour intégrer le corps prestigieux du service de protection des hautes personnalités…et votre mission consiste à aller acheter un bavoir, un pain au chocolat, des médicaments à la pharmacie, ou à aller faire pisser un chien.

Jadis, l’on a coupé des têtes pour moins que cela.

Aujourd’hui, ce sont celles de ceux qui osent parler ou se rebeller, qui sont coupées. Virtuellement.

Alors et aussi longtemps que nous-mêmes confondrons respect pour une haute fonction et servilité, et que nos dirigeants s’éblouiront aux ors du pouvoir, au point de transformer leur mission au service des citoyens en monarchie absolue, il y aura encore des caprices, des bavoirs, des pains au chocolats, des médicaments et des chiens que l’on sort.

Avec nos impôts.

Mais il faut croire que nous aimons cela.

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