Je Vous Trouve Très Beau

13 juillet 0 Commentaire Catégorie: Non classé

Deux faits divers en plein cœur de l’été.

Connaissez-vous l’histoire des spationautes de la Nasa ? Ils se trouvent dans leur capsule en perdition, l’oxygène vient à manquer, un seul d’entre eux peut regagner la terre et l’autre doit se sacrifier.

Pour déterminer le survivant, la Nasa a l’idée de leur poser des questions de culture générale. Le premier qui ne saura pas répondre aura perdu.

Question pour le spationaute blanc: « quelles sont les dates de début et de fin de la seconde guerre mondiale ? » Il répond : « 1939-1945″

Question pour le spationaute noir: « noms et adresses de toutes les victimes ? »

Eh bien, c’est peu ou prou, la mésaventure qu’a connue une femme médecin roumaine.

Elle devait ouvrir ce mois-ci un cabinet médical en Vendée, charmante région, son Puy du Fou, son Philippe de Villiers (à ne pas confondre avec Gérard, l’auteur de livres policiers coquins) et son désert médical.

C’est dire si cette femme médecin était attendue comme une bénédiction dans le petit village où elle comptait s’installer.

La mairie s’était d’ailleurs fendue d’une subvention de 50 000 € pour lui procurer un cabinet et un logement rénovés. Et c’était elle qui était allée la recruter en Roumanie.

Dame, c’est que 9 généralistes pour une agglomération de 16 400 habitants, dont les deux tiers de ces praticiens en passe de partir en retraite, cela était nettement insuffisant pour prendre en charge dans des conditions optimales, tout le poids des maux.

La femme médecin arrive donc en juin de Roumanie, se forme au logiciel de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, maîtrise la langue française.

Elle devient incollable sur la CMU et la Carte Vitale.

Sauf que. Son inscription est subordonnée à l’accord de l’Ordre des Médecins.

Celui-ci la convoque donc pour un entretien, lequel vire rapidement au Tribunal inquisitorial. C’est que l’on est méfiant de nature, à l’Ordre. S’agirait pas de confier la santé des patients à n’importe qui, a fortiori une étrangère qui n’est même pas de chez nous. En plus, les roumains, que vaut leur formation universitaire ? Elle est inférieure de deux ans à la formation française, pas un gage de qualité tout cela.

Il lui est donc proposé une « formation » de médecin généraliste. Oui, à une urgentiste qui plus de quinze ans d’expérience. Ah oui, mais c’est qu’en Roumanie, ça vaut pas !

Sans doute avaient-ils du médecin des pays de l’Est, l’image caricaturale de Robin Williams incapable de lire une échographie dans la comédie « Neuf Mois Aussi ».

La femme médecin en ressort démolie. Nul besoin d’être grand clerc pour deviner l’hostilité à laquelle, sous couvert de vérifier ses connaissances, elle a dû faire face. A tel point que, démoralisée, se sentant « humiliée », elle a décidé de rentrer dans son pays.

Il faut que cet entretien se soit sacrément mal passé, et que cette femme ait été particulièrement secouée, pour qu’elle décide de refaire ses valises, de supporter le coût d’un nouveau déménagement sitôt arrivée, pour repartir en Roumanie.

Au regard des conséquences notamment financières que son retour emporte pour elle, impensable que cette dame ait cédé à un caprice, ou à une susceptibilité mal placée, et qu’il lui ait été demandé de façon courtoise et non discriminatoire, sans aucune arrière-pensée xénophobe, de suivre quelque formation supplémentaire aux spécificités françaises.

Nos Asterix et Obelix du Conseil de l’Ordre ont gagné : leur village Gaulois résiste, encore et toujours, à l’envahisseur. « Ils sont fous, ces roumains ! »

Mais les patients ont perdu. Ils n’ont toujours pas de médecins en nombre suffisant.

Alors qu’il soit permis de passer une petite annonce: dans un coin perdu de Vendée, on cherche un médecin, français, blanc (tant qu’à faire).

 

Cette triste histoire est à rapprocher d’une autre mésaventure, connue par une autre femme médecin roumaine, cette fois dans le Nord Pas de Calais.

A peine venait-elle de reprendre un cabinet, qu’elle trouvait un beau matin, les pneus de sa voiture, dégonflés.

Comme la commune est équipée de caméras de vidéosurveillance, la police municipale a très rapidement découvert les auteurs de cet acte de vandalisme…

Des vandales qui n’étaient autre que… les gendarmes de la brigade de la ville voisine.

Ils avaient tout bonnement imaginé que sa voiture immatriculée en Roumanie… appartenait fatalement à des cambrioleurs préparant un mauvais coup !

Eh oui, des côtes de Vendée aux confins du Nord Pas de Calais, il ne fait pas bon être roumain, de nos jours.

Les préjugés ont la vie dure.

Les médecins roumains qui veulent s’installer en France, également.

Et après, l’on s’étonnera d’avoir mauvaise image à l’étranger…

 

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