« Laissez venir à moi les petits enfants »

22 mai 0 Commentaire Catégorie: Non classé

Il s’appelle Frère Jean-Dominique.

Il fait partie de la communauté religieuse Saint Jean, dite des « petits gris ».

Il comparaît aux Assises de Saône et Loire, accusé d’agressions sexuelles sur mineures, et pour viols sur mineure et majeure, rien de moins.

A 66 ans, il ne s’est pas soudain découvert des penchants pédophiles.

Il les exprime depuis plus de vingt ans.

Et pendant vingt ans, tout le monde s’est tu.

Les parents de ses jeunes victimes, fervents catholiques, vouant une sainte révérence envers leur mère l’Eglise, et abreuvés de pardon, de rédemption, au point de ne pas dénoncer à la Justice le tripoteur de leurs propres fillettes de 7 et 8 ans. L’une au catéchisme, appâtée avec un goûter, la méthode classique des gros dégueulasses; l’autre à l’occasion d’une retraite spirituelle familiale. Et de croire la Communauté Saint-Jean dans ses promesses d’éloigner désormais frère Jean-Dominique de tout contact avec les enfants. En religion comme en politique, les promesses n’engagent que ceux qui les croient.

Les supérieurs de Frère jean-Dominique, dûment avertis des agissements de leur brebis galeuse, l’ont en toute connaissance de cause, maintenue dans le troupeau. Sans appeler le vétérinaire, en l’occurrence, la police et la Justice.

Leur remède ? des promesses –non tenues- aux parents des victimes, de priver le frère de chair fraîche; Puis un éloignement dans un pays lointain ce qui du point de vue de l’esprit est encore plus ignoble. « Envoyons-le en Roumanie, au moins il ne violera plus « nos fillettes », juste des étrangères enfants des rues, qui s’en souciera, qui le saura ? » Pour la morale chrétienne, on repassera.

Une fillette des rues de 11 ans en fera les frais, accusant Frère Jean-Dominique de viols. De même que cinq fillettes malades dans un hôpital qu’il visitait « en mission d’aide charitable ». (sic). Une charité bien mal placée.

Une fois encore, sa hiérarchie est alertée. Que fait-elle ? Lui conseiller de consulter un psychiatre. Rien d’autre. Aucun signalement. L’omerta.

Lorsqu’il revient en France au sanctuaire de Notre-Dame-du-Laus, Frère Dominique fait deux nouvelles victimes. Puis en 1998 le prédateur reprend son bâton de pèlerin et ce grand voyageur du tourisme sexuel se retrouve dans un autre prieuré

La suite, c’est le journal de Saône et Loire qui la raconte.

 » Au cours d’une réception de mariage, il glisse la main dans la culotte d’une fillette, la caresse et l’embrasse. Les parents renoncent à la plainte contre l’assurance d’un traitement psychiatrique.

La même année, en visite dans une famille, Jean-Dominique prend une autre fillette sur ses genoux et lui inflige le même geste. Le prieur l’envoie au Canada pour une thérapie express.

Quand il revient en France, une femme fragile de 33 ans qu’il est censé accompagner se dit victime de deux viols. Que le frère nie. Elle ne témoignera plus, elle s’est suicidée.

 Jeudi, Frère Jean-Dominique a beaucoup demandé pardon pour les actes d’agression sexuelle tous reconnus comme il l’avait fait par lettre toutes ces années auprès de quelques victimes espérant extorquer leur silence. Et tandis que deux d’entre elles témoignaient jeudi, il priait assis, mine contrite et chapelet en main. »

Il demande pardon, mais il recommence.

Il prie la mine contrite…ce consacré est un sacré con. Et un sacré hypocrite aussi. Sa foi, sa vocation si ouvertement affichées, ont-elles un sens ? Comment peut-on se réclamer de l’Evangile et se conduire comme le dernier des salauds ? Que vaut une foi affirmée pour la galerie quand elle n’est pas mise en pratique dans sa vie de tous les jours ? Que vaut une vocation qui n’a été qu’un moyen pour un prédateur, de trouver plus facilement ses proies ?

Et que vaut cette congrégation, que valent son prieur, que vaut l’achevêque, eux qui savaient, et se sont obstinés à cacher la poussière sous le tapis de prière ?

Tous portent une lourde part de responsabilité dans ce qui s’est passé pendant tant d’années.

Quand on choisit de préserver le loup, on porte la culpabilité écrasante du péril des brebis innocentes.

Ce faisant l’on est le pire des pasteurs pour le troupeau.

On n’est pas prêtre, prieur, moine ou archevêque. On est juste un salaud.

Un salaud encore plus dégoûtant que les autres, parce qu’il se pare des atours de la vertu et du don de soi aux autres.

La meilleure chose qu’il faille souhaiter à ce prédateur et à ces lâches complices, c’est que leur Dieu n’existe pas.

Car mieux vaut encore la certitude de la Justice des Hommes, qu’une potentielle justice divine.

http://www.lejsl.com/edition-de-chalon/2015/05/22/les-demi-aveux-du-moine

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