J’ai mal à la France

2 janvier 0 Commentaire Catégorie: Non classé

Elle était belle comme un soleil. Plurielle, ouverte, composée de personnes d‘origines et d‘horizons divers, à l’image de la France d’aujourd’hui.

Elle nous promettait d’être une nouvelle dream team. Il faut dire qu’elle se présentait toute auréolée de ses victoires, rappelant celles de ses glorieux aînés et nous promettait des lendemains qui chanteraient encore.

Elle faisait belle figure, plaisir à voir, avec ses individualités aux qualités reconnues en France et à l’étranger, la plupart étant des stars fortes de leurs succès locaux.

Alors, nous y avons presque tous cru. Nous l’avons soutenue, supportée, parce que le discours que nous tenaient le président de la fédération, l’entraîneur et les membres de l’équipe, étaient de ceux qui font plaisir à entendre. Ils nous disaient que l’unité ouvrait la voie à tous les possibles et nous avons succombé aux sirènes de ce discours enchanteur si doux à nos oreilles : l’effort ne pouvait qu’être valorisé, récompensé, vecteur de toutes les victoires.

Mais très vite, nous avons dû déchanter. Le beau carrosse est redevenu la citrouille qu’il avait toujours été, ce qu’aveuglés, nous ne voulions pas voir.

Nous avons alors connu une équipe arrogante et sûre d’elle, au point de mépriser l’adversaire. Il avait été déjà vaincu, et était considéré comme condamné à l’être toujours.

Une équipe qui commença bientôt à se couper de ses supporters, puis du peuple tout entier, qui ne se reconnaissait plus en elle, en l’arrogance de ses joueurs, leur air de nous regarder de haut, de ne plus nous écouter, de ne plus nous regarder.

Elle vécut bientôt en vase clos, recluse sur elle-même, autiste à ce qui se passait autour d’elle, ce qui acheva de la couper des Français et de creuser entre elle et eux, un fossé d’incompréhension chaque jour plus béant.

Son image dans l’Opinion se dégrada d’autant plus vite qu’elle commit la grave erreur de croire que casser le thermomètre serait la solution pour faire tomber la fièvre. Elle s’en prit donc aux journalistes, rendus coupables par leurs critiques, de défaitisme, de parti pris contre l’équipe et contre la France elle-même qu’elle disait représenter. Nous n’étions pas loin de l’accusation d’œuvrer contre l’intérêt de la Nation, de traîtrise et de forfaiture. Ainsi, hormis quelques inconditionnels, la presse en sa grande majorité, redoubla d’ardeur à critiquer cette équipe qui semblait partir à la dérive et ne plus susciter que rejet et incompréhension.

Bientôt l’on apprit que des clans s’étaient formés en son sein. Avec pour résultat visible, des dissensions criantes sur le terrain, entre ceux qui ne se passaient la balle qu’entre eux, ceux qui la « jouaient perso », l’équipe n’était plus cette mécanique bien huilée mais devint une somme d’individualités. Tous ne semblaient pas adhérer à la tactique parfois déroutante de l’entraîneur. Ce dernier, à son corps défendant, n’avait aucune autorité et semblait dépassé tout autant que l’était un président de la fédération sans aucune autorité et semblant naviguer à vue.

Certains voulaient partir, quitter ce navire en perdition dans lequel ils ne se reconnaissaient plus, mais restèrent pourtant, errant sur le terrain comme des âmes en peine.

D’autres quittèrent l’équipe non sans l’avoir auparavant descendue en flèche, achevant de la discréditer.

L’ambiance, déjà détestable, fut en outre plombée par quelque scandale affectant certains de ses membres.

Bien entendu, les défaites commencèrent à s’enchaîner.

Il fut alors évoqué l’idée de changer l’entraîneur et de virer quelques joueurs franc-tireurs, par qui le scandale ou la contestation étaient arrivés.

L’on prit un entraîneur plus à poigne mais dans lequel les supporters ne se reconnaissaient pas, et dont la tactique leur donnait la désagréable impression de voir jouer leurs adversaires.

Il est à craindre que l’équipe, minée par les échecs antérieurs, continue dans cette spirale infernale.

En attendant que le président de la fédération finisse son mandat et parte enfin, au fil des défaites subies et du spectacle donné, c’est la France qui est ridicule. Le peuple tout entier a honte de son équipe, dans laquelle il ne se reconnaît plus et qui donne du pays une image déplorable à l’étranger. La révolte gronde et pas uniquement chez les supporters.

Dégoûté de voir son rêve brisé, le Français boude les tribunes et fait le gros dos en espérant des jours meilleurs.

Le prochain match, au mois de mars, risque d’être houleux. C’est celui à ne pas perdre. Il risque fort de constituer, pour le gouvernement de la France, la défaite de trop.

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